Forum cinema ALP

Forum cinema,realisation d'un film, scenario, production, tournage
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 le cauchemar de darwin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
lulu
membre très actif
membre très actif


Nombre de messages : 69
Date d'inscription : 27/02/2005

MessageSujet: le cauchemar de darwin   Mer 2 Mar - 23:13

est ce que vous avez entendu parler de ce film documentaire fait par un jeune réalisateur qui parle de perches du nil et d'armes dans la région du congo ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
pierrot
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 26/02/2005

MessageSujet: Re: le cauchemar de darwin   Ven 4 Mar - 12:13

Citation :
La critique de Pascal Mérigeau
Perches tendues


Savoir ou pas. Refuser de voir parce que c’est trop triste, ou au contraire croire que le monde ne peut changer que si on ose le regarder en face. Ceux qui préfèrent ignorer éviteront de voir «le Cauchemar de Darwin», ceux qui refusent de se voiler la face doivent se préparer à un choc, dont il y a lieu de penser qu’il peut être salutaire.
Que la plupart des espèces animales (les pessimistes parlent de 95%, une paille) qui vivaient là depuis la nuit des temps aient disparu du lac Victoria depuis que, au début des années 1960, y a été implantée la perche du Nil, prédateur féroce à son tour offert à l’appétit des consommateurs occidentaux, est sans doute fort triste. C’est ce qu’on se dit au début du film de Hubert Sauper, sans pouvoir s’empêcher d’ajouter, même si à tort, que l’on devrait s’en remettre. Et puis si la perche du Nil est goûteuse, si elle permet de nourrir les populations affamées, même si celles-ci se trouvent rarement dans l’hémisphère Nord, pourquoi pas? Mais attention, Hubert Sauper avance à pas comptés. Voici donc ce poisson au nom charmant et dont la chair plaît tant aux populations d’Europe, alléchées tant par son prix modique que par ses qualités gustatives, pour ne rien dire de son appellation si plaisamment exotique, préparé comme il se doit par la population locale. Les filets ainsi levés sont conduits jusqu’à de gros avions-cargos qui les livrent ensuite directement, ou presque, sur nos marchés. Et pendant ce temps, là-bas? Eh bien, pendant ce temps, les gens meurent. L’excellente perche est en effet si prisée en Europe qu’elle est beaucoup trop chère pour eux. Cela dit, on peut en toute mauvaise foi affirmer que dans le poisson il n’y pas que les filets (ah bon?) et que donc les indigènes peuvent bien se satisfaire de nos restes. C’est bien ce qui leur est proposé, en effet, et Hubert Sauper filme cela aussi, l’exposition des carcasses qui pourrissent au soleil, leur traitement par des malheureux qui pataugent dans une boue pestilentielle et grouillante d’asticots. Chez nous, on cherche les asticots pour pouvoir pêcher, là-bas ils sont produits par la pêche. Et ceux qui consomment les restes tombent malades et meurent. Pourtant, cette industrie leur donne du travail, n’est-ce pas? Oui, les femmes peuvent se prostituer et mourir du sida ou sous les coups de leurs clients australiens ou russes venus chercher la précieuse poiscaille. Oui, les enfants ont découvert un nouveau jeu, ils font cramer pour le sniffer le plastique des emballages. Comment? Ça suffit comme ça? Non, attendez un peu, vous êtes arrivé jusque-là, vous tiendrez bien jusqu’au bout. Et puis, c’est facile à comprendre: ces lourds cargos qui emportent le poisson loin d’Afrique, n’est-il pas idiot qu’ils fassent le voyage aller à vide? Oui, bien sûr, c’est idiot. Alors, en échange des perches, ils apportent des armes. Si les nègres ne meurent ni d’intoxication, ni du sida, ni de la faim, ni d’autre chose, ils trouveront bien la force de s’entre-tuer: achetons-leur pour rien le poisson qui les tue et vendons-leur très cher les armes qui nous nourrissent. D’une fulgurante limpidité, n’est-ce pas? Maintenant, vous pouvez toujours vous dire que plus jamais vous n’achèterez de perche du Nil et que si tout le monde fait comme vous, eh bien, tout cela finira par s’arranger. Sauf que le coup des poissons, on vous le fait un peu partout dans le monde, de préférence au Sud, forcément, et qu’il s’agisse de bananes, de diamants, d’arachides ou de pétrole n’y change rien. Enfin, il y a quand même une bonne nouvelle: la perche du Nil est devenue si vorace qu’elle dévore désormais jusqu’à ses propres petits. Est-ce que par inconscience, ou plutôt par intérêt, ce ne serait pas ce que nous-mêmes sommes en train de faire?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://alp.forum.free.fr
fabien
Nouveau
Nouveau


Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 29/03/2005

MessageSujet: Re: le cauchemar de darwin   Mer 30 Mar - 10:27

Merci pour cette critique très intéressante....
La "perche du Nil" comme symbole des rapports Nord-Sud...
Ahurissant !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
lulu
membre très actif
membre très actif


Nombre de messages : 69
Date d'inscription : 27/02/2005

MessageSujet: Re: le cauchemar de darwin   Sam 2 Avr - 13:28

c'est pour annoncer que "le cauchemar de darwin" sera dans les salles d'utopia à partir du 7 avril...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: le cauchemar de darwin   

Revenir en haut Aller en bas
 
le cauchemar de darwin
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Cauchemar
» Cauchemar en pleine mer
» [Darwin, Emma] Les mathématiques de l'amour
» Discipline cauchemar
» Cauchemar Ailé ou Terreur des Abîmes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum cinema ALP :: vos avis sur les films et dvd qui sortent :: critique de films-
Sauter vers: